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Orgasme de rire

 

Dans ma douleur,

dans mes délires,

dans ma douceur,

dans mes désirs,

j'envoie du lourd

 

Ton corps à la fin de mes blagues ondule,

c'est encore le début de l'idylle.

On ne bouge pas sauf quand on a la dalle,

je sens que je suis ton idole.

Mes cheveux comme un nid d'aigle.

 

Avec mon sens de l'humeur,

tu trouves mon humour,

aussi beau que l'amour.

Nos deux corps collés font l'humour,

jusqu'à s'en essouffler.

 

On prend notre pied,

sans se prendre la tête.

Partie de jambes en l'air,

en restant très terre à terre.

 

On s'emmêle sans s'embrouiller,

on se débrouille, sans se mêler

des affaires – de l'autre-

rien d'autre à faire

que de s'entendre

et de s'étendre...

des heures sur des sujets sérieux

c'est rieuse que déçue je désire

t'apostropher.

Ta peau ce trophée,

que mes doigts contemplent

sans la toucher,

l'atout chez toi,

c'est ample-ment

un toucher cool-

et- se marrant,

se la couler douce

même si l'amer est salé.

 

Si je lance une blague nulle dans un silence,

tu embrasses mon bide avec bienveillance.

Ton sourire moqueur.

En sous-titre, le mot « coeur ».

Ton éclat de rire à soubresaut,

les larmes aux yeux,

tu t'abandonnes à demi-mots.

Tu te donnes entier,

un pas de deux, pas d'entre-deux.

 

Les calembours,

 tambours de l'amour,

se tapent dedans

sans se faire mal,

éclat brutal et musical.

 

Les rires s'élèvent,

c'est l’Everest de monter

au sommet du pire comme du reste.

Du reste, je ne peux que descendre,

les yeux - sur ta gorge déployée.

Blague à part et rentre dedans,

je désamorce, ma main sur ton torse des lendemains

où je pars.

 

On s'étend, on se plie en deux,

Sourire à deux, on se plaît tant.

Quand on s'allonge,

 le temps raccourcit,

On ne dîne pas on badine,

Dans un songe obscurcit,

on se dandine.

 

Je te vanne, je me pavane,

les plus belles rimes de l'assemblée,

regarde mes yeux enjoués,

tu me cherches, tu me tannes.

Mes blagues te font décoller

- les yeux, de mon décolleté.

 

Nos rires s'accordent,

on se tord, on se gondole.

Le rythme est cadencé,

ne reste plus qu'à danser.

 

Tu n'es pas pince-sans-rire,

tu me pinces sans rire.

Je suis pas littérale,

j'me ris d'tes râles.

On batifole,

tel un bateau fou.

Tu me fais chavirer

dans une course folle.

Coup d'éclat et surprise,

ça frise le clash tout d'un coup.

Je te cache ma bêtise,

en te prenant par le cou.

Nous jouons tel les meilleurs jouteurs,

on se lance et se relance,

on commence et recommence.

 

Quand j'explose la dynamique,

je t'expose ma technique :

l'art de masser les mots,

les détendre en douceur,

appuyer où il faut,

les faire hurler de saveur.

Je les mâche un instant,

le temps de savourer,

leur résonance, leur tintement,

leurs courbes, leur légèreté.

Un bon mot n'arrive jamais seul,

il est toujours accompagné,

de deux ou trois lol sophistiqués.

Je les crache précisément,

après m'en être délectée.

 

C'est ainsi,

que tu restes sans mots

quand monte le sang,

dans tes joues rouges

d'avoir tant ri

des jours attendris.

Tu commence à paniquer,

mon ton ironique

se met à piquer.

Ton souffle s'accélère,

tu cherches l'accès à l'air,

Ta nuque révulsée,

ta poitrine a pulsé.

Mon sarcasme te saccades,

c'est une cascade, un orgasme,

il n'y a rien d'autre à dire,

c'est un orgasme

– de rires.